Didier Ah-Koon, le petit père des Minions

A 30 ans déjà, ce story-boarder Réunionnais arrache les rires et les larmes des cinéphiles du monde entier. Nominé à la 86ème cérémonie des Oscars « Moi, moche et méchant 2 » se verra peut-être remettre la fameuse statuette en or, synonyme d’une véritable consécration de l’animation française.

MoiMocheMechant« Bee-do-bee-do-bee-do » emblématique et incompréhensible phrase que les minions prononcent lors d’un incendie dans le film Moi Moche et Méchant 2, sont le fruit du travail du story-boarder Didier Ah-koon. Ces petits personnages jaunes espiègles et loufoques croqués par Didier ont un style hors-du-commun qui fascine et fait rire aux éclats le monde entier.

Avant de pouvoir grimer ces personnages d’un look atypique, le dessinateur Réunionnais a affûté un peu avant 2007, ses plumes à l’école parisienne des Gobelins. Il a ensuite perfectionné son art de raconter des histoires auprès de grands réalisateurs français, où il participa à la conception de séries tv Kaeloo, Captain Biceps, ainsi que Pat et Stan dont le réalisateur est Pierre Coffin. Convaincu par ses croquis satiriques, humoristiques et humains, Pierre Coffin  » m’a rappelé quelques années plus tard pour travailler sur ses longs-métrages, dont Le Lorax et Moi Moche et Méchant 2. »

« Je suis devenu le spécialiste du gag »

En tant que story-boarder, Didier Ah-Koon a la délicate mission de mettre en image le scénario du film selon les directives des réalisateurs. Son travail manuscrit représente le « socle fondateur » de l’édifice du film ; ses croquis permettent aux réalisateurs de définir les bons gabarits des personnages, les décors, les couleurs… Il apporte également des solutions techniques et des gags auxquels les réalisateurs n’auraient pas pensé « Je suis devenu le spécialiste du gag, à telle enseigne qu’on m’a confié des plans de films pour que je fasse une passe humour dessus. Parfois, cela ne tient pas à grand-chose : un mouvement un peu décalé, un changement de proportion, ou même un silence peut rendre une situation très rigolote ! »

Après Moi, moche et méchant 2, Didier s’est vu confier la casquette de réalisateur d’un court métrage, d’après un scénario qu’il a lui-même proposé à Pierre Coffin. Or passer du story-board à la réalisation n’est pas chose aisée, car il doit assumer ses choix artistiques à chaque étape : du scénario, au design des personnages, aux voix et jusqu’à la musique. Tout doit avoir un sens et provoquer une émotion. Didier avoue « qu’il est tentant d’oublier le plaisir du spectateur, et de se noyer dans une démonstration de prouesse technique… mais il faut canaliser cette énergie au service d’un seul objectif : faire rire ! »

« Talentueux, éclectique et passionné »

Si aujourd’hui, un film franco-américain comme Moi, moche et méchant 2 peut prétendre à deux Oscars, dont celui du meilleur film d’animation…c’est bel et bien la preuve que l’animation française a du talent à revendre. Régulièrement, des recruteurs américains viennent faire leur marché dans les grandes écoles de graphisme et d’animation française, pour pouvoir bénéficier de la « French touch » dont les dessinateurs français ont le secret.

Philippe Tilikete, designer français rattaché aux studios d’Illumination à Santa Monica en Californie, a fait parti de cette vague d’Européens recrutés par Dreamworks en 1996. Qualifiant le savoir-faire français de « talentueux, éclectique et passionné » Philippe ajoute que » si les français apportent un univers graphique très intéressant et sont d’excellents techniciens et designers, les américains savent comment valoriser ce talent au service d’une bonne histoire ».

Didier Ah-Koon estime qu’au-delà de la compétence technique et du professionnalisme des dessinateurs français « c’est notre différence, notre audace et la diversité des styles qui charment les américains ». L’approche stylistique d’Éric Guillon, directeur artistique de Moi Moche et Méchant est aussi très demandé déclare Didier « il a un côté impertinent et frais. Il ne suit pas de canons de beauté lisses et consensuels et je pense que c’est cette liberté qui est partout très appréciée. »

Juliette Durieux

2 réflexions sur “Didier Ah-Koon, le petit père des Minions

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      Excellente journée !
      Juliette Durieux

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